Aujourd’hui, il a fait entre -2 et 2 degrés Celsius, ce qui fait que la neige a tendance à fondre. Cependant, nous avons eu une toute petite tempête hier, juste assez pour laisser une couche de neige sur le toit de l’écurie.
Avec les températures plus douces d’aujourd’hui, nous avons eu un train tout ce qu’il y a de plus divertissant : la neige qui fondait tombait par petits bouts du toit, directement là où les chevaux mangent leur moulée.
Sur quatre chevaux, j’ai eu quatre réactions totalement différentes. La situation n’était nullement dangereuse : tout le monde était en sécurité. Mais, ça m’a permis d’en apprendre davantage sur mes chevaux, et même de confirmer leur confiance en moi en quelques minutes, sans gros efforts. Comme à l’habitude, j’ouvre la porte et les chevaux prennent leur place : Sherlock en premier, ensuite Dagobert, suivi de Capitaine, et pour finir le beau Motley.
Au moment où tout le monde est installé et qu’on commence à les attacher, les premiers morceaux de neige tombent du toit. Motley et Dagobert reculent un peu, surpris par ces « motons » blancs qui tombent du toit en tôle et font du bruit. Capitaine, lui, n’en fait absolument aucun cas : aucune réaction, il garde la tête dans sa mangeoire et continue tranquillement. Sherlock, de son côté, lève la tête, s’interroge un peu, puis continue de manger en se tassant légèrement d’un côté puis de l’autre pour comprendre d’où viennent les bruits.
Pour ramener les deux cocos à leur place, j’ai utilisé le contact olfactif de la main — une base dans la relation cheval-humain. Dagobert est revenu facilement, sans poser de questions, et j’ai pu l’attacher à sa place. Motley, le petit coquin nerveux, lui, se promenait la queue d’arabe dans les airs, vivant des émotions un peu plus intenses.
Pour le ramener, je suis restée proche des autres chevaux et j’ai tendu la main : il est venu la sentir une première fois, est reparti au petit trot, puis est revenu quelques secondes plus tard pour la sentir à nouveau et même la lécher. J’ai alors pu le ramener à sa mangeoire et l’attacher.
Nous avons continué le train en sachant que tout le monde était en sécurité, attaché de façon à pouvoir s’éloigner suffisamment pour se sentir à l’aise. Mes chevaux ne tirent pas au renard, et si ça arrivait, les attaches ou les laisses céderaient pour leur permettre de s’éloigner.
Quand je suis revenue quelques minutes plus tard, tout le monde était plus ou moins calme : Capitaine et Sherlock avaient le nez dans leur mangeoire, tandis que Motley et Dagobert s’étaient placés un peu plus loin, à l’abri des « dangereux » morceaux de neige qui tombent du ciel.
Je suis donc allée les voir et, voyant qu’ils ne mangeaient pas leur moulée, je les ai invités à revenir. Ils l’ont fait. Je suis restée calme et immobile, même avec la neige qui tombait régulièrement. Je ne sais pas si c’est parce qu’ils se sont habitués à la situation ou parce que je suis restée stable malgré les bruits et les chutes de neige, mais les deux ont fini leur moulée calmement, sans s’éloigner au bout de leur laisse.
Bref, mes chevaux ont eu peur, et ça m’a permis d’apprendre à mieux les connaître. Ça a aussi renforcé notre lien de confiance. J’aime ces trains différents, ceux qui nous permettent de nous découvrir dans des situations uniques, différentes et sans danger. Ça pimente les petits moments du quotidien et les rend encore plus précieux à mes yeux.

Je suis fière d’avoir des chevaux qui ont peur, mais qui gardent la tête froide et leur confiance en l’humain pour affronter ce qui les effraie.
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