Elle a choisi de ne pas me juger, même quand moi je n’y arrivais pas

Cette semaine, je vais vous parler d’une situation, un stress que je subis depuis quelques semaines, mais aujourd’hui tout ça est parti. Aujourd’hui, j’ai décidé de parler et on m’a comprise au lieu de me juger.

Pour vous mettre en contexte, j’ai, comme mentionné dans un autre post, eu une période très difficile dans les derniers mois, une période où j’avais peine à seulement mettre un pied devant l’autre. Pour la première fois de ma vie, j’ai repoussé ceux qui me tiennent à bout de sabot depuis plusieurs années. Je n’ai pas été une bonne propriétaire pour mes chevaux, je n’ai pas été correcte avec eux, je m’en veux et je devais en parler. Voici la conversation:


Moi — Salut, j’espère que ça va mieux avec ton œil ! Je t’écris pour m’enlever de la pression des épaules et pour que tu ne sois pas trop surprise en arrivant. J’ai 7 chevaux que j’aime de tout mon cœur, mais tu vas voir que leurs pieds ne sont pas beaux du tout… Je faisais leurs pieds toute seule et je faisais une pas pire job, pas dégueu, mais pas une job merveilleuse non plus, juste pas pire… Mon problème, c’est que j’ai passé par une grosse dépression avant Noël. Juste l’idée d’aller à l’écurie me faisait faire des crises de panique, et pourtant elle est à quelques pieds de la maison… J’ai été plusieurs mois à ne pas y aller du tout, j’en étais incapable et j’arrive toujours pas à savoir pourquoi. Tout ce que je faisais, c’était aller mettre du foin dans le champ une fois par semaine… et je braillais tout du long. J’ai eu du monde incroyable autour de moi qui ont pris le relais pour la moulée et pour aller voir que tout était correct… Bref, chez moi, c’est très loin de la perfection, très loin de l’écurie où ça respire le propriétaire full engagé. Ça fait depuis janvier que j’arrive à retourner à l’écurie, mes crises d’angoisse ont diminué, mais j’arrive pas encore à y aller seule… Ma relation avec mes chevaux, surtout Sherlock, recommence tranquillement à être comme avant. J’ai aucune excuse valable pour les avoir abandonnés comme je l’ai fait, mais je remonte la pente et j’essaie de rattraper, de faire mieux… Donc je voulais que tu saches, pour ne pas faire le saut et pour ne pas juger sans vraiment savoir. Je sais que je ne suis pas correcte, mais j’essaie de faire mieux tous les jours et je vais prendre tous les conseils que tu peux me donner pour qu’ils aillent mieux. Je ne peux pas expliquer ce qui s’est passé dans ma tête, mais je suis certaine de les aimer de tout mon cœur.


Ma nouvelle maréchale, qui n’est encore jamais venue chez moi — Pas de souci ma chère, et très heureuse que tu me partages ton état psychologique comme ça. Je vais t’avouer quelque chose moi aussi : ça fait 5 ans que je n’ai pas remonté mon cheval puisque la dernière fois je suis tombée et tous les flashbacks du passé sont revenus… Bref, j’ai un peu le même problème, mais pour monter. Donc je ne suis aucunement dans le jugement. Hâte de faire ta connaissance.


Suite à son message, je suis fondue en larmes, j’ai pleuré de soulagement. Le monde des chevaux est difficile, il est cruel et il est dans le jugement. Mon cerveau ne fonctionne peut-être pas toujours comme il le faut, mais je ne suis pas stupide… Je le sais bien que je n’offre pas une vie parfaite à mes chevaux. Je les remercie tous les jours de m’accepter comme je suis, sans jugement, juste de la pure sincérité. Ils sont capables de me voir, MOI. Ça fait tellement du bien de savoir qu’il existe encore, dans le monde des chevaux, des personnes capables d’écouter et de comprendre.

Je remonte la pente tranquillement, je ne suis toujours pas au top de ma forme et je ne passe pas encore autant de temps que je le devrais avec mes chevaux, mais au moins maintenant je suis capable d’aller les voir, de m’en occuper un minimum et de profiter de leur présence à mes côtés. Je commence tranquillement à me retrouver.

Quand j’y repense, la façon dont mon cerveau a réagi à tout ça me fait extrêmement peur… j’ai éloigné ceux que j’aime, des êtres purs, mes enfants, ma vie… je les ai tassés, repoussés, et je m’en veux énormément pour ça.

Un pas à la fois, je vais me retrouver et reprendre le chemin vers ma vie. Merci à eux de m’en laisser le temps.

Sherlock

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